Les Chroniques de Valentin

Ne pas rester indifférent. Réagir. Ne jamais fermer sa gueule. Risquer sa peau. Profiter de la vie. Aimer. Rester intègre. Être libre. Et vivre…

Ce journal est une fiction. Il est destiné à un public adulte. Bonne lecture.

Kamo.

Demain on enterre Kamo. Des suites du Covid-19, après deux mois d'hôpital et trente jours de coma artificiel. Je me souviendrais de son rire. De son sourire. De sa place dans notre grande famille. Du vide qu'elle y laisse. De son implication politique. Et c'est ce souvenir qui nourrit ma tristesse d'hier, ma colère d'aujourd'hui, et qui nourrira ma rage de demain. Colère contre l'irresponsabilité et l'incompétence organisée des gouvernants. 30.000 morts, dont la plupart auraient pu être évités en suivant des règles simples, déjà édictées et suivies depuis des années. En se (...)

Je crève de solitude

Un quotidien sans aucun sens Que du creux Du vide Du rien Des mois Que je n'ai plus rien fait de créatif Que je ne sais plus rien faire Et personne à qui parler Le néant affectif Une solitude à s'en crever les yeux Pour pas voir les autres humains dans la rue Et arrêter enfin de se dire qu'eux ils ont l'air d'avoir Des amis Des amours Des familles Je suis perpétuellement en train de me noyer Je n'arrive quasiment plus à sortir la tête de l'eau Souffler Respirer Une seule bouffée d'air frais C'est déjà trop demander C'est trop d'énergie à déployer Je voudrais fuir Fuir loin (...)

Une vie pour rien

Une vie à mettre certaines questions de côté Soit par manque de courage pour en accepter les réponses Soit par impossibilité d'en trouver Une vie à revenir sur ce qu'on s'est promis En souffrant d'être malhonnête Une vie où le poids du temps se projette Et où on ne changera pas Une vie où on a tout choisi sauf soi Une vie à à masquer ce qu'on est vraiment Juste pour gagner du temps Une vie à laisser filer Car l'apparence est plus forte Une vie où moins on se voit et mieux on se porte Une vie où on trouve qu'il faut du courage Pour s'avouer lâche chaque jour davantage Une vie (...)

C'est ça

C'est ça C'est ça que je voulais te dire Que je ne savais pas exprimer Pas même penser Car pas le temps Pas la liberté Pas l'envie Pas le courage Pas grand chose à dire Enfin je croyais C'est ça Ça qui m'occupait Qui me chargeait l'esprit Qui inhibait mes actions Qui me faisait sentir vide Inconsistant Inutile Ça C'est l'habitude De ne plus rien avoir à te dire De ne plus rien avoir à penser À ressentir À vouloir À éprouver C'est ça qui manque Ça Lancinant Enivrant Fatigant Répétition inlassable De ce que je voudrais dire Mais ne sais plus exprimer Ça C'est le mot La (...)

See, I always knew that we were here for more than wash the dishes, do the cooking

See, I always knew that we were here for more Than wash the dishes, do the cooking See, I’m here to speak for everyone That never got a look in You know, all the ones who ain’t good-looking The ones who hate the crooked Wicked nature of the system For everyone who knows, fuck it Just cause we can’t see the bars Don’t mean we aren't imprisoned — Sound of Rum, End Times (...)

We were born into blood-soaked cities of industry

We were born into blood-soaked cities of industry Informed of the savagery The infamy, barbarity of history Controlled, contrived, and depressed And attested, and stressed out and vexed It’s a message we’ve been fed So we could propagate their system Of division, inhibition Viciousness and contradiction We were suckled on the milk that they soured Told the future was ours And then disembowelled and disempowered We have been disgraced, deafened and deflowered Our brains brutalized and our defiance devoured And so now they’re shooting guns and robbing cats And trying to claw a little (...)

Il y'avait pourtant — Le chien d'en face

Il y avait pourtant les nuits Que nous rêvions sans lendemains Passées à regarder Paris Qui se dessinait au fusain Il y avait aussi le ciel Tous les jours un peu plus près Lorsque je me trouvais si belle Et quand tu me le disais Toi, tu ne t'en souviens pas Il y avait tout ça pourtant Je t'en prie ne me dis pas Que je suis partie si longtemps Il y avait pourtant cette chanson Celle qui disait bien plus que nous Toutes les mille et unes façons De dire qu'on s'aimait plus que tout Il y avait aussi ce mélange Odeur de tabac et de vin Qui me revient, qui me démange Et qui t'allais (...)

Combien de mensonges avant l'évanouissement ?

Combien de mensonges doit-on supporter ? Combien de faux-semblants ? Combien de vérités omises ? Combien de silences gênés ? Avant que nous ne réalisions que nous ne sommes que transparence, qu'invisibles au milieu du béton qui coule de nos veines. Lentement. Sans douleur. Quand est-ce qu'on va se rendre compte que ça ne sert à rien de se lamenter ? Qu'il est inutile de se révolter ! Que ça ne changera rien ! Jamais ! Nous nous évanouissons à vue d'œil. Nous perdons toute consistance. Notre humanité s'effeuille. Notre volonté s'amenuise. À la fin, il ne restera rien. Même (...)

Un mot de toi.

Un mot de toi. Et je me retourne sur ton passage. Un mot de toi. Au milieu de la rue. Un mot de toi. Et je me mets à nu. Un mot de toi. Tout de suite, sans réfléchir. Un mot de toi. Et je t'y emmène. Un mot de toi. Et je te saute dessus. Un mot de toi. Et je pleure comme un gamin. Un mot de toi. Et je ne dors plus. Un mot de toi. Et je ne pose plus de questions. Un mot de toi. Et je ne suis plus moi. Un mot de toi. Et je suis perdu. Un mot de toi. Et je m'enfuis, peut-être. Un mot de toi. Et tout s'arrête. Un mot de toi. Juste un seul. S'il te plaît. (...)

D'entrée. On était vaccinés contre l'espoir naïf. (Aujourd'hui, maintenant)

Tu te souviens de nous étudiants ? Je veux dire inscrits. Pour la sécurité sociale et les tarifs réduits. De nos 30 mètres carrés pour 1420 francs. En prime le papier peint pourri qui fout le camp. De ces soirées interminables. Des spaghettis pour dix. Des taches de vin sur le canapé. Je passe le cendrier. Tu te rappelles la distribution de prospectus ? À l'entrée du parking, promo sur les autoradios. De ces gamins qui démarraient des BM, sans en avoir les clés. Puis d'un signe de la main, dégager. Qu'est-ce qu'on est cons à 20 ans. C'est clair. Mais quel plaisir on y prend. (...)

I am not trying to forget, I am just trying to forgive

C'est la chose la plus compliquée qui soit. Pardonner à ce monde. Sa bêtise. Sa stupidité. Sa cruauté maladive. Sa haine de la différence. Et pourtant c'est ce que j'essaye de faire. Avec peu de succès, je dois l'avouer. Car le monde me hait, et je le hais de plus belle. (...)

They know my weaknesses

They know my weaknesses You tried them I get so carried away You brought me down to earth I thought we had something precious Now I know what it's worth I heard it from my friends — Depeche Mode, The things you said (...)

Celle qui ne fut belle qu'une fois dans sa vie — Le chien d'en face

Dans le noir et le blanc Et le gris de la pierre Du vieux Paris d'antan Derrière une porte cochère Elle passait le chiffon Il y a bien des années Dans le colimaçon D'un très vieil escalier À la pâle lumière De tous les étages Comme bonheur et poussière Ne font pas bon ménage Des gens de ce couloir Elle n'avait dans le nombre Pas l'ombre d'un regard Ni le regard d'une ombre En haut de cette prison De cette cage d'escalier Là où vivent les pigeons Sur le dernier palier Il y avait un garçon Dans un appartement Même pas assez grand Pour y tourner en rond Ayant par malheur Le (...)

Il n'est pas de doute qui s'estompe, que des certitudes qui s'étiolent

Je rentrais chez moi en vélo. Je suis repassé devant cet appartement. Celui où j'ai grandis. Non pas quand j'étais enfant, mais quand j'étais adulte. Celui où j'ai grandis en tant qu'adulte. Celui où j'ai connu les gens qui à la lumière d'une bougie ont changé mes horizons. Mes prises de conscience. Celui où j'ai dormi à cinq. Celui où tu souriais. Où j'ai embrassé Charline. Où j'ai aimé Marie. Où Marine m'a laissé. Où les amis dormaient dans la baignoire pour le week-end. Où j'étais certain qu'aimer était une solution. Mais les certitudes ne durent pas, et seule la (...)

Il n'est pas de pire solitude que celle de la foule

Et cette sensation que personne, jamais, ne saura nous comprendre. Qu'aucun de ces amis, de ces proches, de ces amours, ne pourra appréhender ne serait-ce qu'une infime partie du problème. Que nous resterons seuls, pour toujours, dans nos doutes, nos craintes et nos angoisses. Parce que peu importe le nombre de mots, de phrases, de gestes ou de regards qu'on pourra y mettre : les autres ne comprendront jamais ce que nous ressentons. Ces émotions leur resteront étrangères à vie, car on ne peut les partager réellement. C'est impossible. Et c'est cela qui nous rends si seuls. Si (...)

En dehors des limites cadastrales de l'inconstant, ce sont toujours les souvenirs de demain qui nous ramènent à la nostalgie d'hier

J'étais assis sur les marches du parvis. Place des jours passés. Rue des souvenirs oubliés. Avenue des mémoires effacées. Par mégarde. Par négligence. Par envie de ne plus ressentir les effluves des réminiscences honteuses. La nostalgie des jours passés délimite ce que nous pensons être ou avoir été un moment de semblant de perfection. Ainsi filtrés, les faits et les événements revêtent un paraître heureux, un semblant d'humanité et de bien-être qui sont probablement totalement factices. Mais peu importe. Si un moment était passablement ennuyeux, il devient en mémoire (...)

I'm too old for this shit

12 ans que je tiens ce journal. Douze longues années. Quand je relis parfois je me rends compte doucement que contrairement à mes souvenirs rien de ce que j'écris n'a de valeur ou d'intérêt. Ce que je pensais être de la belle prose, à la relecture n'est qu'un amoncellement de phrases sans intérêt, parfois sans même le moindre sens. Et comme si ça ne suffisait pas, quand j'écris sur quelque chose c'est souvent la même chose, rabâchée en boucle, montrant par là-même le manque d'intérêt de mes pauvres mots. C'est pitoyable. De la solitude et de l'ennui. Je ne parles que de (...)

Dans les murmures, de ma mémoire

Dans les murmures, de ma mémoire, je revois les âmes qui dansent sur le fil acéré de l'oubli. Des espoirs. Des envies. Des rêves. Je pensais à mes projets. À tes projets. Des idées qui mènent loin. Où face à des murs. Sans pouvoir rien prévoir. Rien prédire. Car si l'intention est possible, le résultat lui n'est qu'une longue suite d'incertitudes. Et c'est la peur au bide qu'on avance, côte-à-côte mais seuls dans notre odyssée. Parfois, je ne sais pas ce qui nous rassemble. Je me demande ce que l'on fait ensemble. Je me sens si petit, si insignifiant. Je n'ai ni culture, ni (...)

Pour plus de lecture, consulter les archives : septembre 2002, octobre 2002, novembre 2002, décembre 2002, janvier 2003, février 2003, mars 2003, avril 2003, août 2004, septembre 2004, octobre 2004, novembre 2004, décembre 2004, janvier 2005, février 2005, mars 2005, avril 2005, mai 2005, juin 2005, juillet 2005, août 2005, septembre 2005, octobre 2005, novembre 2005, décembre 2005, janvier 2006, février 2006, mars 2006, avril 2006, mai 2006, juin 2006, juillet 2006, août 2006, septembre 2006, octobre 2006, novembre 2006, décembre 2006, janvier 2007, mars 2007, avril 2007, mai 2007, juin 2007, août 2007, septembre 2007, octobre 2007, décembre 2007, janvier 2008, février 2008, mars 2008, avril 2008, mai 2008, juin 2008, juillet 2008, août 2008, septembre 2008, octobre 2008, novembre 2008, décembre 2008, janvier 2009, février 2009, mars 2009, avril 2009, mai 2009, juin 2009, juillet 2009, août 2009, septembre 2009, octobre 2009, janvier 2010, juin 2010, juillet 2010, septembre 2010, octobre 2010, novembre 2010, décembre 2010, juin 2011, août 2011, septembre 2011, octobre 2011, novembre 2011, mars 2012, avril 2012, mai 2012, juin 2012, août 2012, janvier 2013, mars 2013, avril 2013, juillet 2013, décembre 2013, janvier 2014, février 2014, août 2014, septembre 2014, octobre 2014, janvier 2015, février 2015, mars 2015, avril 2015, septembre 2015.