Les Chroniques de Valentin

Des pas de contrebasse

Quand je marche dans la rue, parfois, ça fait boum-boudoum-badam-boudoum-badam-boum. Ca fait comme une contrebasse de Jazz. Alors je marche plus fort. J’enfonce mes pas plus profondément dans le goudron des trottoirs anonyme. Et je transforme la grisaille en morceau de jazz improvisé. Et ça fait boum-boudoum-badam-boudoum-badam-boum. Et encore, et puis le vent qui fait claquer les branches tchak-tchatcha-tchak-tchatcha-tchak, baguettes balai sur charleston. Alors le morceau évolue et la contrebasse improvise, et ça swingue bien. Et je commence à danser sur mon trottoir nocturne. Et boum-badam-tcha-boudoum-tchak-badam-tchatcha-boudoum-tchak-badam-tcha-boum. Et l’envie de danser librement au milieu de cette rue déserte, le sourire sur les lèvres, envie de sauter dans tous les sens, de monter le son, de chanter, d’ouvrir la bouche et de crier fort, fort, fort à quel point tout ceci est beau et me donne envie de danser.

Et puis penser. Penser que la vie est une éternelle musique. Que ça ne s’arrête jamais de swinguer, de vibrer, que les harmonies ne cessent jamais. Que la contrebasse elle fera toujours boum-badam-boudoum-badam-boum et encore boum-badam-tchak-boudoum-tchatcha-badam-tchack-boum, l’infini…

Va, vis ta vie, danse et renaît… Toujours.