Les Chroniques de Valentin

Souvenirs.

Devant chez moi, quand j'étais petit, y’avait un terrain vague. De la terre, de la boue, des cailloux, des herbes folles… Puis y’a eu des chantiers, des rues, des maisons, des bâtiments.

Derrière chez moi, quand j'étais petit, y’avait des vergers, des jardins, des vignes, de l’herbe… On y allait avec les copains. On partait en vélo à travers les vignes, jusque dans la forêt derrière les vignes. Et puis y’avait ces gens qui habitaient dans un vieux bus. Il avait l’air rigolo.

Derrière chez moi, quand j'étais ado, y’avait toujours des vergers, des jardins et des vignes. Elles étaient juste un peu plus sauvages qu’avant. On partait à vélo dans la forêt. On a passé des soirées entre les vignes à se raconter nos vies. Parler de conneries. Tourner sur nous-même jusqu'à ce qu’on ait la tête qui tourne et qu’on ce casse la gueule. Une soirée d'été on était allé se poser dans l’herbe avec un copain sur une couverture, on avait ramené le lecteur CD, on avait mis Yann Tiersen. On voulait voir le lever de soleil. On s'était endormis. Ca avait pas vraiment changé derrière chez moi, par contre le vieux bus était plus là.

Aujourd’hui, derrière chez moi, y’a des rues, des immeubles, des maisons, jolis petits pavillons tous identiques, taillés au clonage, prédigéré. Y’a plus de vergers, y’a plus de jardins, d’herbe folle. Que du béton, des jolies fleurs et des jolies jardins dans des jolis pavillons préformatés.

Jolie jeunesse, tout part en couille…