Les Chroniques de Valentin

Conte impromptu: Mon amour, emmène-moi à Tomsk

Dimanche 19 Décembre 2004 à 1h37

(Merci à Athanata pour ce poème impromptu à deux claviers. 20 décembre, vers minuit. Lui et Elle. Lui est en italique. Elle ne l'est pas.)

Dis mon amour, tu m'emmène à Tomsk?

... Un jour peut-être ...

Ce soir?

Comment veux-tu y aller ?

On prends le premier train pour Paris Gare de Lyon.
Ensuite train pour Moscou.
Puis St Pétersbourg.
Et enfin trans-sibérien jusqu'à Tomsk.

Es-tu sérieux?

Mon amour, ne prends pas de bagages.
Juste un manteau très chaud.
Il fait froid dans l'infini blanc.

Oui ...

Mon amour, ne prends rien à lire.
Nous allons écrire notre histoire.
Mon amour, ne prends rien pour écrire.
Nos paroles suffiront pour tout voir.

Quelle sera-t-elle, notre histoire ?

Elle sera longue et courte.
Multiple et unique.
Belle et infinie.

Un tout et un rien.

Des horizons lointains
Des journées sans lendemain
Des soirées sans matin
Partons loin
Je te le jure, nous y serons bien
Nous ne serons qu'un
Ne brise pas le filin
Ne me laisse pas ce matin
La vie c'est dingue mon amour
Tu sais
Les jours passent
Et plus ils passent
Et plus je me dit que je fait bien de les laisser passer
Je ne peux plus les retenir
Les heures coulent
Elles s'épuisent entre tes reins
Les minutes s'envolent entre tes seins
Je ne retiens plus rien
Tout s'enfuit
Et moi je suis

Je ne peux pas partir maintenant ...
Peut-être quelqu'un m'attend
Mais un jour, je partirai
Seul, avec toi, avec lui, avec d'autres
Je partirai

Mon amour je pars demain
Pour l'infini sibérien
Ne pleure plus derrière tes mains
Sèche tes larmes
Ou pleure de joie
Mais ne sois pas triste
Mon amour je pars demain
Je ne m'enfuis pas très loin

Si tu t'en vas
Ma flamme s'éteindra
Peut-être est-ce près, est-ce loin
Mais tu ne seras plus à côté de moi demain

Mon amour, oublie moi
Tu en aimera d'autres
J'en aimerais d'autres

Comment pourrai-je ?
Tu es le seul parmi tant d'autre
Qui a su m'aimer
Pourquoi t'oublier
Et toi m'oublieras-tu
Pense que cela me tue

Mon amour, ne reviens pas, pas après cet été
Je t'aurais oublié
Je t'aurais oublié
La vie est si cruelle
Si l'on m'offre une autre route
Je partirais avec elle

Tu ne m'aimes donc plus
Mais comment peux-tu
Est-ce que tu te souviens
De tous ces moments passés contre mes seins
A imaginer et à se languir
De notre parfait avenir

Mon amour je partirais
Je ne sais
Si je reviendrais
L'avenir est parfait
Parfait inconnu
Tout à fait incongru

Ne regretteras-tu pas
Seras-tu heureux là-bas

Je ne regarderais pas
En arrière
Tu ne serais déjà plus là
Je me perds

Crois-tu toujours
En l'amour

Je n'ai jamais cessé
D'y croire
Je n'ai pas arrêté
De savoir
Que l'amour est ma seule religion
La seule qui ne fait pas de moi un pion

Tu me nommes ainsi
et de moi tu t'enfuis

Mon amour pars avec moi à Tomsk
Je ne peux plus vivre sans toi
Emporte-moi

Reste ici avec moi
Nous partirons toi et moi
Loin d'ici, loin de cet endroit

Mon amour je ne sais plus
Je suis perdu
Tu le sais je suis têtu
Mais mon amour je suis perdu

Attends pour partir
Laisse-moi me construire
Pourquoi si loin
Pourquoi tant s'éloigner du chemin

Laisse-moi, je veux m'enfuir
Toujours plus loin
Je veux déserter ce chemin

Alors pars !
Ne me dis pas au revoir
Je ne veux plus te voir
Ah ... mon désespoir

Je ne peux me résigner à te crier bonsoir
Je ne te dirais pas au revoir
Je ne te dirais pas adieu
Je ne pars pas plus loin que vers les cieux

Je prierai de te revoir
Un de ces soirs
Dans mes rêves
Où tu m'enlèves

Alors avant qu'il ne sois trop tard
Fuyons !
Partons !
Mon amour il est déjà trop tard
Je me consume
Le passé s'émiette
Je me consume
Du présent rien ne reste

Mon amour s'envole
Mon coeur se brûle
Fuis-moi
Tu n'as pas besoin d'être là
Tu n'as pas besoin de moi
Ta vie sera bien là-bas

Au revoir mon amour
A bientôt
Nous nous reverrons à Paris ou Londres
Peut-être

Peut-être
Seuls mes désirs me conduirons vers cet être
Toi, que j'aime.