Les Chroniques de Valentin

Ne pas rester indifférent. Réagir. Ne jamais fermer sa gueule. Risquer sa peau. Profiter de la vie. Aimer. Rester intègre. Être libre. Et vivre…

Ce journal est une fiction. Il est destiné à un public adulte. Bonne lecture.

Il y'avait pourtant — Le chien d'en face

Il y avait pourtant les nuits Que nous rêvions sans lendemains Passées à regarder Paris Qui se dessinait au fusain Il y avait aussi le ciel Tous les jours un peu plus près Lorsque je me trouvais si belle Et quand tu me le disais Toi, tu ne t'en souviens pas Il y avait tout ça pourtant Je t'en prie ne me dis pas Que je suis partie si longtemps Il y avait pourtant cette chanson Celle qui disait bien plus que nous Toutes les mille et unes façons De dire qu'on s'aimait plus que tout Il y avait aussi ce mélange Odeur de tabac et de vin Qui me revient, qui me démange Et qui t'allais (...)

Combien de mensonges avant l'évanouissement ?

Combien de mensonges doit-on supporter ? Combien de faux-semblants ? Combien de vérités omises ? Combien de silences gênés ? Avant que nous ne réalisions que nous ne sommes que transparence, qu'invisibles au milieu du béton qui coule de nos veines. Lentement. Sans douleur. Quand est-ce qu'on va se rendre compte que ça ne sert à rien de se lamenter ? Qu'il est inutile de se révolter ! Que ça ne changera rien ! Jamais ! Nous nous évanouissons à vue d'œil. Nous perdons toute consistance. Notre humanité s'effeuille. Notre volonté s'amenuise. À la fin, il ne restera rien. Même (...)

Un mot de toi.

Un mot de toi. Et je me retourne sur ton passage. Un mot de toi. Au milieu de la rue. Un mot de toi. Et je me mets à nu. Un mot de toi. Tout de suite, sans réfléchir. Un mot de toi. Et je t'y emmène. Un mot de toi. Et je te saute dessus. Un mot de toi. Et je pleure comme un gamin. Un mot de toi. Et je ne dors plus. Un mot de toi. Et je ne pose plus de questions. Un mot de toi. Et je ne suis plus moi. Un mot de toi. Et je suis perdu. Un mot de toi. Et je m'enfuis, peut-être. Un mot de toi. Et tout s'arrête. Un mot de toi. Juste un seul. S'il te plaît. (...)

D'entrée. On était vaccinés contre l'espoir naïf. (Aujourd'hui, maintenant)

Tu te souviens de nous étudiants ? Je veux dire inscrits. Pour la sécurité sociale et les tarifs réduits. De nos 30 mètres carrés pour 1420 francs. En prime le papier peint pourri qui fout le camp. De ces soirées interminables. Des spaghettis pour dix. Des taches de vin sur le canapé. Je passe le cendrier. Tu te rappelles la distribution de prospectus ? À l'entrée du parking, promo sur les autoradios. De ces gamins qui démarraient des BM, sans en avoir les clés. Puis d'un signe de la main, dégager. Qu'est-ce qu'on est cons à 20 ans. C'est clair. Mais quel plaisir on y prend. (...)

I am not trying to forget, I am just trying to forgive

C'est la chose la plus compliquée qui soit. Pardonner à ce monde. Sa bêtise. Sa stupidité. Sa cruauté maladive. Sa haine de la différence. Et pourtant c'est ce que j'essaye de faire. Avec peu de succès, je dois l'avouer. Car le monde me hait, et je le hais de plus belle. (...)

They know my weaknesses

They know my weaknesses You tried them I get so carried away You brought me down to earth I thought we had something precious Now I know what it's worth I heard it from my friends — Depeche Mode, The things you said (...)

Celle qui ne fut belle qu'une fois dans sa vie — Le chien d'en face

Dans le noir et le blanc Et le gris de la pierre Du vieux Paris d'antan Derrière une porte cochère Elle passait le chiffon Il y a bien des années Dans le colimaçon D'un très vieil escalier À la pâle lumière De tous les étages Comme bonheur et poussière Ne font pas bon ménage Des gens de ce couloir Elle n'avait dans le nombre Pas l'ombre d'un regard Ni le regard d'une ombre En haut de cette prison De cette cage d'escalier Là où vivent les pigeons Sur le dernier palier Il y avait un garçon Dans un appartement Même pas assez grand Pour y tourner en rond Ayant par malheur Le (...)

Il n'est pas de doute qui s'estompe, que des certitudes qui s'étiolent

Je rentrais chez moi en vélo. Je suis repassé devant cet appartement. Celui où j'ai grandis. Non pas quand j'étais enfant, mais quand j'étais adulte. Celui où j'ai grandis en tant qu'adulte. Celui où j'ai connu les gens qui à la lumière d'une bougie ont changé mes horizons. Mes prises de conscience. Celui où j'ai dormi à cinq. Celui où tu souriais. Où j'ai embrassé Charline. Où j'ai aimé Marie. Où Marine m'a laissé. Où les amis dormaient dans la baignoire pour le week-end. Où j'étais certain qu'aimer était une solution. Mais les certitudes ne durent pas, et seule la (...)

Il n'est pas de pire solitude que celle de la foule

Et cette sensation que personne, jamais, ne saura nous comprendre. Qu'aucun de ces amis, de ces proches, de ces amours, ne pourra appréhender ne serait-ce qu'une infime partie du problème. Que nous resterons seuls, pour toujours, dans nos doutes, nos craintes et nos angoisses. Parce que peu importe le nombre de mots, de phrases, de gestes ou de regards qu'on pourra y mettre : les autres ne comprendront jamais ce que nous ressentons. Ces émotions leur resteront étrangères à vie, car on ne peut les partager réellement. C'est impossible. Et c'est cela qui nous rends si seuls. Si (...)

En dehors des limites cadastrales de l'inconstant, ce sont toujours les souvenirs de demain qui nous ramènent à la nostalgie d'hier

J'étais assis sur les marches du parvis. Place des jours passés. Rue des souvenirs oubliés. Avenue des mémoires effacées. Par mégarde. Par négligence. Par envie de ne plus ressentir les effluves des réminiscences honteuses. La nostalgie des jours passés délimite ce que nous pensons être ou avoir été un moment de semblant de perfection. Ainsi filtrés, les faits et les événements revêtent un paraître heureux, un semblant d'humanité et de bien-être qui sont probablement totalement factices. Mais peu importe. Si un moment était passablement ennuyeux, il devient en mémoire (...)

I'm too old for this shit

12 ans que je tiens ce journal. Douze longues années. Quand je relis parfois je me rends compte doucement que contrairement à mes souvenirs rien de ce que j'écris n'a de valeur ou d'intérêt. Ce que je pensais être de la belle prose, à la relecture n'est qu'un amoncellement de phrases sans intérêt, parfois sans même le moindre sens. Et comme si ça ne suffisait pas, quand j'écris sur quelque chose c'est souvent la même chose, rabâchée en boucle, montrant par là-même le manque d'intérêt de mes pauvres mots. C'est pitoyable. De la solitude et de l'ennui. Je ne parles que de (...)

Dans les murmures, de ma mémoire

Dans les murmures, de ma mémoire, je revois les âmes qui dansent sur le fil acéré de l'oubli. Des espoirs. Des envies. Des rêves. Je pensais à mes projets. À tes projets. Des idées qui mènent loin. Où face à des murs. Sans pouvoir rien prévoir. Rien prédire. Car si l'intention est possible, le résultat lui n'est qu'une longue suite d'incertitudes. Et c'est la peur au bide qu'on avance, côte-à-côte mais seuls dans notre odyssée. Parfois, je ne sais pas ce qui nous rassemble. Je me demande ce que l'on fait ensemble. Je me sens si petit, si insignifiant. Je n'ai ni culture, ni (...)

Cette odeur de vieux livre décharné te colle aux vêtements

Cette odeur de vieux livre décharné te colle aux vêtements comme la poussière du sable colle à ta peau nue et humide sur les grandes plages de l'incertitude. Dis-moi, est-il plus beau métier que celui de bibliothécaire ? Il n'est pas plus belle passion que sentir l'odeur des livres neufs et anciens. Humer le papier. Se frotter contre sa ruguosité. Le toucher de la pulpe des doigts. C'est là que commence l'histoire. Qu'avant même d'avoir lu la première phrase, le premier mot, la première lettre, tu sais déjà que tu changes d'univers. Que tu entres dans ce monde étrange où (...)

Il n'y aura rien à gagner ici

Je me sentais comme le biographe de mes propres pensées. Comme la voix off qui réciterait en temps réel mes humeurs. Comme si ma vie ne m'appartenait pas vraiment. J'étais assis sur la jetée. Au bord du lac de sel. Regardant à l'horizon se perdre l'étendue blanche et désolée. Je pensais difficilement. Comme quand on respire difficilement, après un coup de poing dans la poitrine. Qui vous laisserait essouflé pour quelques longues minutes. Avec la sensation désagréable d'étouffer, de laisser s'échapper avec regret son dernier souffle sans avoir rien fait pour le retenir. Mes (...)

Dans les angles vertueux de nos souvenirs les plus sincères

Dans les angles vertueux de nos souvenirs les plus sincères je me remémore les instants passés de nos partages secrets. Ce sont nos sourires complices, nos confidences espiègles, qui nous ont rapprochés à cet instant où le vieux monde s'opposait à nous. Qui nous ont fait nous apprécier, alors que rien n'indiquait que nous aurions un jour le courage d'ouvrir la bouche et déclamer le moindre mot ou même la plus simple syllabe en face de l'autre. Tout timides que nous étions, face à ce mur de verre qui nous séparait. Mais qui finit par se fissurer avec les à-coups violents de (...)

Toute l'horreur du monde dans un simple regard

Recroquevillé dans un coin de la pièce, roulé en boule comme un escargot apeuré, je m'ennuie à en mourir. Je me fait si petit, si insignifiant, dans le seul espoir de disparaître, de devenir une poussière, qu'un simple et léger courant d'air pourrait balayer à jamais. Je pense à l'inutilité de ce monde, de ces actions quotidiennes qui n'ont ni sens, ni plaisir. À cet ennui permanent que nous essayons en vain de combler de distractions futiles. Par une culture qui aurait dû nous faire croire que nous étions intelligents. Par un travail qui aurait dû donner un rythme, un (...)

Récapitulatif de rupture passée (1)

Je rentrais chez moi en Belgique, j'avais passé la soirée dans le train, encore une fois à échanger des SMS avec elle qui n'allait pas bien. Difficile de lui expliquer qu'il n'y avait pas de raison de déprimer. J'avais tellement l'habitude de cette situation qu'elle était banale. D'un côté je me sentais coupable, du fait d'avoir plusieurs relations amoureuses, de manière ouverte, et qu'elle ne le supportait pas. De l'autre je pensais fortement que tout cela n'était pas que de mon fait et avait aussi à voir avec son envie de faire du drame un véritable mode de vie. Comme si (...)

En boucle /

En boucle / Avec le / Sentiment / D'avoir perdu / L'intime / Qui m'attachait / Au détachement poli / Qui me tenait à l'écart / Des sentiments / Contenus / Retenus / Que je ne voulais / Pas / Voir / Lire / Ou comprendre / Sur le visage des autres / Ces / Autres / Qui m'effraient / Par leurs mines / D'humains ordinaires / De ridicules / Marrionnettes / Que je ne / Comprenais / Pas / Le moins du monde / Que je ne voulais pas déchiffrer / Je ne désirais pas savoir / Ce que leurs traits / Hideux / Cachaient / Derrière ces yeux / Monstrueux / De foule / Protubérante / Qui tourne / En boucle (...)

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